
La réponse en cartes
Environ 19% de l’Ukraine est occupée…
Plus de trois ans et demi après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, le 24 février 2022, la Russie occupe à l’heure actuelle 115.413 kilomètres carrés – environ 19% du pays. Après la Crimée en 2014, Vladimir Poutine a déjà annexé en septembre 2022 quatre oblasts ukrainiens (Louhansk, Donetsk, Zaporijjia, Kherson), bien qu’il n’en contrôle pas la totalité.
Abandonner le Donbass ?
Axios rapporte que le nouveau plan de paix du président américain, qui comporte 28 points, prévoit que Kiev cède entièrement les régions de Donetsk et de Louhanskalors que Moscou n’en contrôle pas la totalité. Dans les deux autres oblasts, ceux de Zaporijia et de Kherson, les lignes de front actuelles seraient ainsi figées, le Kremlin renonçant aux portions qu’il a annexées illégalement et qu’il n’occupe pas . Et il pourrait enfin restituer certains territoires, sous réserve de négociations.
Un avantage «disproportionné» ?
Selon l’Institute for the Study of War (ISW), un groupe de réflexion américain qui suit le conflit depuis février 2014, la cession du reste de l’oblast de Donetsk «avantagerait disproportionnellement» le Kremlin. Sachant que l’armée russe ne dispose d’aucune possibilité de conquérir rapidement ce territoire. Sa capture prendrait probablement «plusieurs années» au rythme actuel de progression de Moscou. À cela, s’ajoute des limitations concernant la taille de l’armée ukrainienne prévues dans le plan.
Abandonner la «ceinture de forteresses» ?
Cette zone contient la «ceinture de forteresses», principale ligne défensive fortifiée de l’oblast depuis 2014 et constituée de quatre grandes villes le long de l’autoroute H-20 : Sloviansk, Kramatorsk, Druzhkivka et Kostyantynivka, du nord au sud, sur une cinquantaine de kilomètres. Avant la guerre, elle comptait 380.000 habitants. Le commandement ukrainien y a aussi bâti d’importantes infrastructures industrielles.
Une menace qui se rapproche
Les défenses ukrainiennes sont presque entièrement bâties à l’intérieur de l’oblast que Moscou souhaite obtenir. Sa perte obligerait les forces ukrainiennes à construire d’urgence des fortifications à l’ouest, sur un terrain peu adapté constitué de champs ouverts et sans aucun obstacle naturel. Les oblasts de Kharkiv, notamment la ville d’Izioum, et de Dnipro seraient alors sous la menace russe .
Mieux repartir ?
«Ces positions constitueraient un point de départ beaucoup plus avantageux pour une future offensive russe que les lignes actuelles», explique ainsi l’ISW. Car rien ne garantit que Vladimir Poutine ne reprenne pas cette guerre après une période plus ou moins longue de cessez-le-feu durant laquelle son armée pourrait se reconstituer. La zone abandonnée par l’Ukraine serait toutefois démilitarisée, selon le plan.
Les Européens sur une autre ligne (de front)
Dans un communiqué publié mardi 21 octobre, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et plusieurs dirigeants européens, dont ceux de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, ont plaidé pour que la ligne de front actuelle entre Ukrainiens et Russes serve de «base» aux futures négociations de paix, alors que Donald Trump et Vladimir Poutine n’ont toujours pas prévu de se rencontrer.
