À l’heure où le droit à l’information vacille sur plusieurs continents, faire le point sur l’état de la liberté de la presse n’est pas une démarche théorique: c’est une urgence démocratique. C’est ce qu’écrit Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières, depuis Paris.
«La liberté de la presse se retrouve menacée par ceux-là mêmes qui devraient en être les garants. L’indicateur politique du Classement mondial de RSF est celui qui a le plus baissé en 2024.»
Depuis plusieurs années, Reporters sans frontières (RSF) observe une dégradation continue, mais le tournant actuel est particulièrement préoccupant. La liberté de la presse n’est plus seulement menacée par la répression féroce contre les journalistes, au mépris du droit international, ou par le harcèlement judiciaire contre la presse: elle s’effrite sous l’effet de pressions économiques, technologiques et politiques qui touchent toutes les régions du monde.
